Sotchi, un village olympique sur un cimetière
Rencontre avec Régis Genté (journaliste indépendant), Aude Merlin (Université libre de Bruxelles), Bernard Outtier (CNRS) et Alexis Prokopiev (Russie Libertés). Modération Anne Le Huérou (Université Paris Ouest Nanterre la Défense/CERCEC)
Lecture de contes oubykhs par Céline Barcq et d'un extrait de Marcher au-delà des mers de Chaban Koubov, traduit du tcherkesse en russe par Albek Abazov et du russe en français par Eve Sorin, par le Théâtre national de Syldavie, direction Dominique Dolmieu
En partenariat avec l'Assemblée européenne des Citoyens et Russie Libertés
Bientôt le grand raout des Jeux olympiques à Sotchi. Durant deux semaines, les caméras du monde entier seront braquées sur ce petit bout de Caucase planté d’essences subtropicales, que les Russes comparent volontiers à la Côte d’Azur…Un cadre idyllique, des infrastructures flambant neuves dans une région certifiée pacifiée : la vitrine, vue de loin, ne manque pas de cachet.
Il ne faut pourtant pas s’approcher de beaucoup pour percevoir les rumeurs de scandales qui filtrent des jointures : corruption, destruction d’écosystèmes, expropriations sans indemnisation, violation des règles du travail… Nul besoin, non plus, de tendre l’oreille très à l’Est pour capter le vacarme des bombes et des rafales de kalachnikov qui continuent d’éclater presque chaque semaine en Kabardino-Balkarie, en Ingouchie, au Daghestan…
Il faudra, en revanche, faire un gros effort pour distinguer entre les flonflons la voix des Oubykhs, dont cette portion du Caucase constituait le foyer : voilà très exactement 150 ans qu’ils ont massivement choisi l’exil en Turquie plutôt que la soumission au colonisateur russe. La région de Sotchi vit les ultimes batailles livrées par les Caucasiens du Nord-Ouest pour contenir la déferlante russe, et la victoire finale du tsar fut consacrée en mai 1864 à Krasnaïa Poliana (le site qui accueillera les compétitions des disciplines de neige) par un défilé de ses régiments. Les Oubykhs furent les derniers à déposer les armes. Nous rendrons hommage à ce peuple dont la langue s’est éteinte mais dont nous conservons le témoignage grâce, notamment, aux travaux de Georges Dumézil et de Georges Charachidzé.
Après la rencontre, Régis Genté signera son dernier livre, Poutine et le Caucase, tout juste paru aux éditions Buchet-Chastel.
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Toutes les Dates
- 31 janvier 2014 19:30
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