Le Septième Kafana

Théâtre
Dernière date: 24 février 2013 16:00

Texte Dumitru Crudu, Nicoleta Esinencu et Mihai Fusu
traduit du roumain par Danny Aude Rossel
Ouvrage paru aux éditions l’Espace d’un instant

Mise en scène Nathalie Pivain
Avec Céline Barcq, Frédéric Gustaedt, Salomé Richez, et la participation de Nathalie Pivain
Assistante Céline Meyer
Création lumière Raphaël De Rosa
Régie Dominique Dolmieu

Le Septième Kafana est un projet sur les femmes vendues, les esclaves sexuelles et les femmes revenues. Ses auteurs sont des artistes engagés en République de Moldavie. L’étonnement terrible qu’il y ait un trafic de femmes dans une Europe qui tente paradoxalement une parité de plus en plus grande. Il y a eu la chute du Mur, la guerre des Balkans. Nicoleta Esinencu, Mihai Fusu et Dumitru Crudu, alertés dans leur statut de citoyen et d’intellectuel décident, à l’aide de l’écriture dramatique, de faire acte de prévention face à l’ignorance dans laquelle se trouvent la plupart des femmes volées. L’art comme conscience. Ils sont allés à la rencontre de femmes revenues, des rescapées de la traite, et ont présenté Le Septième Kafana dans les petites villes et les villages de Moldavie. « Kafana » signifie « bar » ou « bar à café » dans certaines régions d’Europe du Sud-Est. Lors d’entretiens avec les femmes victimes de la traite, les kafanas étaient mentionnés comme les lieux dans lesquels elles avaient été exploitées. Les femmes ont été vendues d’un kafana à l'autre.

Le nombre sept est symbolique et réel à la fois. Il reflète l’histoire d’une femme qui a réussi à s’enfuir de cette situation d’exploitation et de coercition lorsqu’elle se trouvait au septième kafana. Au-delà de sept kafanas une femme perd la vie ou sombre dans la démence. Le texte est construit à partir de récits et d’interviews où les questions ne sont pas toujours présentes mais se devinent dans les récits énoncés. Pour la première fois, ce n’est pas tant l’écriture qui nous appelait que cet acte politique d’entendre ce qui est ordinairement tu. Un acte politique proche de celui du théâtre documentaire. Mais Le Septième Kafana est hybride, il se situe entre la fiction et le documentaire, avec des figures masculines qui proposent des situations dramatiques, de ce fait des personnages dramatiques, contrairement aux femmes qui témoignent dans une retenue, une distance nécessaire, une incarnation sensible, toujours en décalage. Il n’y a pas de retranscription poétique ou singulière dans l’écriture donnée à leurs témoignages. Au début du 20ème  siècle, des auteurs tels qu’Aragon ou Proust dessinaient des maisons closes où le sordide côtoyait le poétique. Ici, le poétique a disparu au profit d’une syntaxe dure, froide. La prostitution a comme changé de visage et, alors, l’espace de la parole se trouve violenté.

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Résidence le Cent
Coproduction Fractal Théâtre et la Maison d’Europe et d’Orient
avec l’aide à la production d’Arcadi
et le soutien de la Direction régionale des Affaires Culturelles d’Île-de-France
et du Ministère de la Culture et de la Communication

Plein tarif : 12 €
Tarif réduit (résidents du 12ème et détenteurs du Pass Culture, demandeurs d'emploi et étudiants) : 10 €
Tarif adhérents (détenteurs du passeport syldave) : 8 €
Informations et réservations au 01 40 24 00 55

Les 21, 22, 23 et 25 février à 20h30
Dimanche 24 février à 16h

Photo © Marc Cathary

 

Activité
Spectacle

 

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  • 24 février 2013 16:00
 

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