Le Septième Kafana

Théâtre
Dernière date: 3 octobre 2012 20:30

Le Septième Kafana est un projet sur les femmes vendues, les esclaves sexuelles et les femmes revenues. Ces femmes osent la parole contre l’effroi du silence. Avec leurs mots, leurs expériences, leur courage, elles sont dans un présent du témoignage. Nous sommes en 2011… Qu’est-ce qui se passe avec le monde ? Il y a eu la chute du mur, la guerre des Balkans...

C’est assez vertigineux au 21ème siècle de penser butins de guerre dans ce berceau où les tragédies antiques résonnent, Sophocle résonne. On pense démocratie, on pense Europe et l’on entend trafic d’êtres humains. L’étonnement terrible qu’il y ait un trafic de femmes dans une Europe qui tente paradoxalement une parité de plus en plus grande (voir la grande conférence du 21 septembre 2011 au Parlement européen, « Femmes d’Europe & Initiative citoyenne »). Des femmes vendues se retrouvent dans notre Europe occidentale, « la riche ». Elles sont invisibles et nues, en périphérie de nos grandes villes : Paris, Oslo, Milan, Prague… Il y a des auteurs qui écrivent pour elles, pour que l’humain sache. (Herbjørg Wassmo, en Norvège, par exemple). Il y a des associations qui essaient d’apporter un peu de chaleur humaine, une écoute à ces femmes débarquées sur notre territoire français, qui essaient l’impossible. Et il y a le théâtre comme lieu privilégié pour déployer la parole de nos sœurs, et leur donner des chants, des rires afin que « le théâtre passe à travers les larmes ».

Il est question de prêter des corps, des voix d’actrices à ces femmes revenues et à celles encore disparues. L’espèce humaine ne se détruit pas, l’homme, la femme, on peut les tuer. Vendre des êtres humains pour exploiter leur corps à des fins marchandes ne peut détruire l’espèce humaine mais tue l’être humain qui en est la victime. Les hommes, les peu nombreux, qui prennent la parole dans ce texte, sont des figures emblématiques, des propositions sur la bêtise, la lâcheté. Mais dans les témoignages, des hommes aiment des femmes, comme une lumière dans l’obscurité. Il me semble primordial que le théâtre, à son tour, fasse un maximum de bruit autour de celles qui ont disparu sans laisser de trace. En tant que femme, je désire donner de la voix face au silence de l’indifférence. « La censure limite la somme de notre savoir, mais en plus elle entrave jusqu’à notre aptitude à comprendre. Comprendre qui a été perdu, quelle violence a été infligée, et la valeur des vies humaines » Judith Butler.

Nathalie Pivain.

Dumitru Crudu, né en 1967, Nicoleta Esinencu, née en 1978, et Mihai Fusu, né en 1960, comptent pour beaucoup dans la nouvelle génération du théâtre moldave. Auteurs et metteurs en scène, ils ont reçu de nombreux prix, notamment d’Uniter, et leurs œuvres sont diffusées en Allemagne, en France, en Italie, en Roumanie, en Suisse et en Suède. Le Septième Kafana, créé en Moldavie, a notamment été représente à la Biennale de Bonn, à Culture Commune, ainsi qu’à Alfortville dans le cadre de « Balkanisation générale » en 2002. 

Texte publié aux éditions l’Espace d’un instant. Préface de Chantal Lamarre, avec le concours du Centre d’art Coliseum de Chişinău et du Centre national du Livre (2004).

Traduction : Danny Rossel
Mise en scène : Nathalie Pivain
Avec : Céline Barcq, Frédéric Gustead, Nathalie Pivain, et Salomé Richez.
Création son et régie générale : Dominique Dolmieu
Scénographie : Sallahdyn Khatir
Ce spectacle bénéficie de l'aide à la production de la DRAC Ile-de-France.Co-production Maison d'Europe et d'Orient, Festival 12x12, le 100 E.C.S.

Ce spectacle a lieu dans le cadre du cycle Langues de cuisine, la semaine de la diversité linguistique à la Maison d'Europe et d'Orient.

 

Activité
Spectacle

 

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  • Du 1 octobre 2012 20:30 au 3 octobre 2012 20:30
 

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