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UN OEIL SUR LE BAZAR,
anthologie des écritures théâtrales turques
Sous la direction de Dominique Dolmieu et de Zeynep Su Kasapoğlu,
avec la collaboration de Sedef Ecer
En coédition avec Non Lieu
Ouvrage publié avec le concours du Centre National du Livre dans le cadre de la Saison de la Turquie en France et du Ministère de la Culture et du Tourisme de Turquie - Projet TEDA
Dans la multitude de clichés qui jalonnent le paysage des relations entre la Turquie et le monde francophone, l’un d’entre eux au moins croise l’univers du théâtre, le lieu pour y voir : le nazar boncugu, que l’on accroche un peu partout, et qui protège du mauvais œil et des flatteries. Le bazar, c’est ainsi donc que certains francophones appellent parfois le théâtre, au moins dans le sens où nous l’entendons : un lieu d’échanges et de foisonnement, où des artistes portent un regard sur le monde qui les environne. Il en va donc ainsi du théâtre turc. Un théâtre qui n’a pas renoncé à sa tradition, celle du théâtre d’ombres, du conte ou du théâtre en rond. Un théâtre riche de nombreuses saveurs, arménienne, juive, kurde, chypriote, balkanique, et française, bien entendu. Un théâtre moderne, récent et donc neuf, parfois d’introspection individuelle, mais bien plus souvent en lien tout à fait étroit avec les luttes sociales et politiques qui ont construit la Turquie d’aujourd’hui.
Dominique Dolmieu, metteur en scène et directeur artistique de la Maison d’Europe et d’Orient, a codirigé de précédents ouvrages anthologiques sur les Balkans et le Caucase, et a participé à différents projets sur les dramaturgies européennes, sous la direction de Michel Corvin, ou en partenariat avec la Maison Antoine-Vitez et la Convention théâtrale européenne.
Zeynep Su Kasapoğlu est metteuse en scène et actrice ; elle rédige actuellement une thèse de doctorat intitulée « Le croisement des cultures à travers le théâtre populaire turc », sous la direction de Georges Banu.
Sedef Ecer pratique plusieurs formes d’écriture. Journaliste, romancière, traductrice, scénariste et auteure dramatique, elle écrit en français et en turc. Comédienne et metteuse en scène enfin, elle a grandi sur les plateaux de théâtre et de cinéma et continue de travailler en France et en Turquie.
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Maison centrale
et Une chambre sur le Bosphore
de Biljana Jovanović
Préface d’Ivan Čolović
Traduit du serbe par Mireille Robin
L’oeuvre de Biljana Jovanović est étrange. Elle est visionnaire et prophétique, animée par un désir irréductible de liberté, engagée dans une relation profonde et intransigeante avec son environnement humain, social et politique. Elle concentre toute la complexité d’une écriture théâtrale contemporaine authentique ; mise à distance à de multiples niveaux, anachronismes et navettes mythiques fracassantes ou insidieuses de la mémoire collective, galerie baroque de personnages / philosophes / révolutionnaires, charge de cynisme et de dérision, de violence et de cruauté… Qu’elle se déroule dans le quartier stambouliote du terminus de l’Orient-Express, ou encore dans une prison privée et futuriste d’une imaginaire et apocalyptique « Région danubienne », c’est une partition musicale, parcourue par une grande force poétique, et dont la gamme pourrait bien être « de chair et de sang », ou encore de « charbons ardents ».
ISBN 978-2-915037-53-1 / 13 €
Illustration couverture : © Stradun, Jelena Trpković, 2009.
Biljana Jovanović en née à Belgrade en 1953. Poète, romancière et dramaturge, elle est également l’instigatrice de nombreuses mobilisations politiques dans la Yougoslavie socialiste, par exemple de la campagne contre le délit d’opinion, et a participé activement aux mouvements pacifistes et antinationalistes durant les conflits yougoslaves des années 90. Elle est décédée à Ljubljana en 1996.
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Le Veilleur de pierres
de János Háy
Préface de Fabrice Clément
Traduit du hongrois par Françoise Bougeard
Au coeur du problème, le travail. Ce qu’il confère de dignité et de reconnaissance, et ce qu’il retire quand on le perd. Et puis Géza, jeune homme mentalement attardé, élevé par sa mère, veuve, sous le regard tantôt compatissant, tantôt cruel de leur entourage. Nous sommes au nord de la Hongrie, dans une petite ville minière, quelques années après la chute du mur de Berlin et le changement de régime. Les hommes sont ouvriers à la carrière de pierres ou au chômage, déjà. Les femmes, quant à elles, restent à la maison. Géza, contre toute attente, est embauché à la carrière, comme son père, lorsqu’il était vivant, comme les autres… Comme les autres ? Emploi fictif ou réel ? Payé ou sous-payé ? Géza prend son travail à coeur, il apprend la fierté, la dignité. Bouton rouge, bouton vert. Si quelque chose tourne mal, il doit appuyer. Mais voilà, rien ne se passe. Persuadé qu’il ne sert à rien, Géza veut tout quitter. Le travail, la différence, les idées reçues, la cruauté, mais aussi la générosité et l’humour, tels sont les thèmes et les traits qui font du Veilleur de pierres une pièce forte sur le handicap et l’exploitation des plus faibles par les habituels plus forts.
ISBN 978-2-915037-61-6 / 11 €
Illustration couverture : Dog in the snow (détail) © Nigel Dickinson/Leader Photos.
János Háy est né en 1960 à Vámosmikola, en Hongrie. Après des études de russe et d’esthétique, il est enseignant puis éditeur. En tant qu’auteur, il débute par des poèmes au début des années 1980, puis écrit des nouvelles, des romans et des pièces de théâtre. En 2002, il reçoit le prix József Attila pour sa pièce Le Veilleur de pierres, consacrée meilleure pièce hongroise de l’année. Il réside actuellement à Budapest, où il vit de sa plume.
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