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Un coin de Balkans et le Paris interlope font se croiser les destinées d’un frère et d’une soeur. Lui, qui attendait ses parents, les hante en rigolant. Elle, subit la prostitution en chantant. Les fanfares sont aux frontières. Les deuils possibles se négocient. Seuls les chiens pleurent. Les voisins et les mafias sont à l’affût. La Mère interpelle son fils. Le Père creuse et boit. Des trous et de la mémoire jaillissent des secrets, sources de révoltes, de rires et d’émois.
Cette pièce parle de la guerre, de la douleur, de la mémoire blessée. Les frontières qui sautent en Europe, la mixité culturelle, la liberté retrouvée sont en train de dessiner un nouveau paysage géographique et humain, sont en train de dessiner l’avenir et l’espoir. Mais si on creuse un tout petit peu, sous ce paysage on trouve plusieurs couches de morts superposées et beaucoup de blessures mal guéries ou qui saignent encore... Et souvent les frontières se reconstituent ailleurs, dans les coeurs, dans les rancoeurs, dans les esprits tourmentés… Cette pièce de théâtre se veut un miroir lucide posé devant notre conscience européenne encore pleine de cicatrices, un avertissement que la sortie du tunnel est encore loin…
Matéï Visniec |