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Puisse Dieu poser sur nous son regard - Rails,
Le Vaste Monde Blanc
et Un bateau pour les poupées
de Milena Markovic (Belgrade 2000-2004)
Traduit du serbe par Mireille Robin
Préface de Jean-Marc Boëglin
avec le concours du Centre national du Livre et de la Maison d'Europe et d'Orient
ISBN : 2-915037-22-1/ 15 euros / 224 pages
De factures assez différentes, les trois pièces de ce recueil de Milena Markovic donnent une idée de l'amplitude de son écriture : mélange de récit et de poésie, langue directe, crue et incisive...
L'action de Puisse Dieu poser sur nous son regard - Rails se déroule avant, pendant et après la guerre en ex-Yougoslavie. Les personnages principaux sont jeunes, presque des enfants, pris dans la logique de la violence d'une société en plein effondrement, où pourtant l'amour subsiste encore.
Inspiré d'un conte tsigane, Le Vaste Monde blanc s'adresse aussi au jeune public : il raconte une histoire d'amour, entre un roi désabusé et la fille d'un mendiant. Celle-ci, privée ni de beauté ni d'intelligence, aura tôt fait de le mettre à l'épreuve et de venir à bout de sa lassitude.
Le personnage féminin d'Un bateau pour les poupées s'appelle Alice, Blanche-Neige, Boucle d'or, Poucette, Princesse, etc. Elle est d'abord une femme qui aime la vie et souhaite qu'on l'aime, elle. Mais la vie dans les contes de fées est souvent cruelle, et les crapauds ne se transforment pas tous en Prince charmant quand on les embrasse.
Milena Markovic, scénariste, dramaturge et poète, est née en Serbie en 1974. Ancienne résidente du Royal Court Theatre de Londres, publiée en Allemagne dans Theatre Heute. Ses textes ont été montés notamment par Rahim Burhan et Slobodan Unkovski. En France, en 2006, des lectures ont eu lieu à la MC2 de Grenoble pour le festival Regards croisés, ainsi qu'au Festival d'Avignon. |
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Divce ou Au matin, tout aura changé
d'Igor Bojovic (Podgorica 1994),
traduit du serbe par Mireille Robin,
préface de Dragan Milinkovic,
avec le concours du Centre national du Livre
ISBN 2-915037-13-2 / 112 pages / 10 euros
Serbie, 1993. Vasa, le père dune famille plutôt modeste de la banlieue de Belgrade, se laissant prendre par la propagande, devient un de ces "combattants du week-end" qui ont sévi en Bosnie. La violence extérieure gagne le sein de la famille : Vasa bat sa femme et se montre de plus en plus intransigeant envers sa fille de seize ans, surnommée Divce (petit géant). Celle-ci tombe enceinte et, avec l'aide de son petit ami Joca, qui ne rêve que de trafics et d'argent facile, elle finit par tuer son père et mettre au monde un enfant mort-né. Seule note d'espoir à la fin : Divce et Joca se rendent compte qu'ils s'aiment vraiment, ce qui ne semblait pas le cas tout au long de cette pièce, qui montre à merveille comment le déferlement de haine et de violence qui s'est abattu sur la Yougoslavie n'a épargné personne.
Igor Bojovic est né en 1969 au Monténégro. Auteur dramatique et scénariste, acteur et directeur du Théâtre de marionnettes de Belgrade, on l'a notamment retrouvé sur divers projets internationaux tels que "Balkanisation générale". Ses textes, qui ont reçu de nombreuses distinctions en ex-Yougoslavie, sont largement joués en Europe, notamment en ouverture du BITEF de Belgrade et au Royal Court de Londres. |
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Maison centrale
et Une chambre sur le Bosphore
de Biljana Jovanovic
Préface d’Ivan Čolović
Traduit du serbe par Mireille Robin
L’oeuvre de Biljana Jovanović est étrange. Elle est visionnaire et prophétique, animée par un désir irréductible de liberté, engagée dans une relation profonde et intransigeante avec son environnement humain, social et politique. Elle concentre toute la complexité d’une écriture théâtrale contemporaine authentique ; mise à distance à de multiples niveaux, anachronismes et navettes mythiques fracassantes ou insidieuses de la mémoire collective, galerie baroque de personnages / philosophes / révolutionnaires, charge de cynisme et de dérision, de violence et de cruauté… Qu’elle se déroule dans le quartier stambouliote du terminus de l’Orient-Express, ou encore dans une prison privée et futuriste d’une imaginaire et apocalyptique « Région danubienne », c’est une partition musicale, parcourue par une grande force poétique, et dont la gamme pourrait bien être « de chair et de sang », ou encore de « charbons ardents ».
ISBN 978-2-915037-53-1 / 13 €
Illustration couverture : © Stradun, Jelena Trpković, 2009.
Biljana Jovanović en née à Belgrade en 1953. Poète, romancière et dramaturge, elle est également l’instigatrice de nombreuses mobilisations politiques dans la Yougoslavie socialiste, par exemple de la campagne contre le délit d’opinion, et a participé activement aux mouvements pacifistes et antinationalistes durant les conflits yougoslaves des années 90. Elle est décédée à Ljubljana en 1996.
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